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Toaster les graines, c’est rentable ?

Technique en vogue en Pays de la Loire et en Occitanie, le toastage des protéagineux a de réels atouts, notamment celui de réduire les coûts alimentaires. Les essais menés par le GEDA du Boulonnais le confirment.

Identique au système du grille-pain, le toastage consiste à chauffer les graines (féveroles, pois ou lupins) pour augmenter le taux de protéines assimilables dans l’intestin. Les facteurs antinutritionnels sont alors éliminés et la conservation améliorée avec un taux de MS élevé. « Le toastage est directement réalisé sur l’exploitation grâce au toasteur mobile installé sur un camion remorque, couplé à une station de triage pour travailler les mélanges » explique Alexandre Carlu, conseiller élevage à la Chambre d’Agriculture. « Le principe est simple : un brûleur à fioul insuffle de l’air chauffé à 280°C sous un tapis perforé, sur lequel passent les graines de façon continue et en fines couches. Celles-ci ressortent à 120°C et doivent être refroidies avant d’être stockées ».


Une économie à la clé

Il faut compter entre 45 et 55 euros la tonne de toastage pour les protéagineux, soit un coût bien en-dessous des concentrés achetés en commerce. « Une féverole toastée équivaut à un correcteur du commerce. Une tonne de féveroles toastées revient en Nord-Pas de Calais à 265€. Dans ce tarif, on retrouve 190€/t de féveroles, 50€ de toastage et 25€ d’aplatissage. Un VL 40 du commerce coûte lui en moyenne entre 330 et 350€. Faites le calcul ! Le toastage permet une réelle économie pour l’éleveur » précise le conseiller. C’est d’ailleurs dans cette optique d’alléger les charges alimentaires et d’aller vers plus d’autonomie que les éleveurs du groupe Lait du GEDA du Boulonnais se sont lancés dans cette innovation. « Dans nos systèmes herbe/maïs, l’éleveur corrige le maïs avec du colza ou du soja. Pourquoi ne pas utiliser de la féverole toastée? Trois essais sont menés dans ce sens et les résultats sont déjà encourageants. D’ailleurs, plus les éleveurs seront nombreux à tester cette technique, plus nous aurons d’éléments pour juger objectivement de son intérêt. Des éléments restent à prendre en considération : la capacité de stockage ainsi que le temps de travail nécessaire ». Pour convaincre de nouveaux agriculteurs, une journée de démonstration* est prévue cet automne avec le toasteur mobile.

 

Une CUMA de toastage en projet

« Pour le moment et dans le cadre de nos essais, nous achetons la féverole sur place dans l’ouest et la faisons toaster là-bas avant de la réacheminer sur les exploitations, mais l’ambition du GEDA est de construire un outil régional à travers une CUMA de toastage », annonce François Mantel, président du GEDA du Boulonnais. « A l’exemple de la Vendée, du Gers ou de la Bretagne, nous voulons créer un outil propre aux éleveurs afin de leur permettre de maîtriser les coûts. Au-delà de cette autonomie sur l’exploitation, nous réfléchissons à développer une autonomie en Nord-Pas de Calais, en misant sur la complémentarité entre nos zones d’élevage et de cultures », poursuit l’élu. Ainsi, les zones d’élevage consommeraient la féverole toastée produite par les zones de cultures principalement localisées dans l’Artois, le Cambrésis et les Flandres. Le GEDA n’est pas à son coup d’essai, une première CUMA dédiée au désilage a déjà été mise en place en 2014, fruit d’une réflexion sur les baisses de charges de mécanisation et une seconde est en projet.


GEDA du Boulonnais : 03 21 10 01 67
*la journée est organisée par le GEDA en lien avec la Prospérité Fermière et la FRCUMA, date à venir prochainement.


Toaster, c’est gagner en :

  • autonomie
  • réduction des charges
  • qualité : l’éleveur peut garantir une filière non OGM et mieux valoriser sa production