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Réorganiser son chantier en anticipant le travail du sol

Rendre moins gourmand en temps et en énergie la préparation des terres pour la culture de pommes de terre, c’est l’objectif des essais menés pas le Groupe d’Etudes et de Développement Agricole (GEDA) d’Artois en lien avec la Chambre d’Agriculture. Ces résultats obtenus à l’échelle locale serviront ensuite aux producteurs de toute la région.

Une nouvelle méthode actuellement en phase de test, combine et anticipe les phases de décompactage et de fraisage dès la fin de la moisson et utilise un mélange de couverts végétaux pendant l’automne pour nourrir le sol et le structurer en profondeur. L’idée est nouvelle et émerge d’une réflexion collective menée au sein du GEDA par 15 de ses adhérents. « A travers le travail mené sur les couverts végétaux depuis 4 ans, cette solution nous est apparue comme une possibilité d’allier technique et agronomie pour optimiser l’économique. Habituellement, le prébuttage se réalise quelques heures avant la plantation avec un tracteur équipé d'un décompacteur et d'une fraise et sur un sol correctement ressuyé en surface mais pas toujours dans les horizons inférieurs. Et pourquoi pas effectuer ce travail de préparation des buttes, sur le créneau habituellement dédié à la décompaction ?. La seule nouveauté est de voir une fraise équipée d'une cappe, succéder le décompacteur » souligne Laurent Devochelle, conseiller en productions végétales détaché au Groupes d'Etude et de Développement Agricole de l’Artois.

Un sol plus aéré propice à accueillir les plants de pommes de terre et des économies à la clé
D’après les premiers résultats des essais, les bénéfices de cette technique pour l’agriculteur seraient nombreux. Cette méthode lui permet de gagner du temps et de réduire ses besoins en main d’œuvre lors de la plantation, en anticipant à l’été la phase de préparation. Elle nécessite moins de passage de tracteur et allège, par conséquent, sa facture en fuel.  La qualité du sol est également améliorée. « C’était un des axes prioritaires dans le cadre de la mise au point du protocole d’essais : faire en sorte de transformer une contrainte réglementaire, ici les couverts végétaux, en un atout agronomique » précise le conseiller. Les couverts végétaux utilisés se composent de plusieurs espèces comme les légumineuses pour fixer l’azote de l’air, les cultures avec des systèmes racinaires pivotants pour explorer les failles et restructurer le sol en profondeur. Elles sont complémentées par des systèmes plus fasciculés comme l’avoine, le lin ou la phacélie.

Par un prébuttage déjà réalisé, le ressuyage du sol et de la butte est optimisé. Le sol travaillé en bonnes conditions, transmettra aux pommes de terre tous les minéraux issus de la décomposition du couvert végétal. Le travail en profondeur de la terre est également consolidé grâce à l’activité souterraine des vers de terre (en estivation et lors du travail du sol) et aux remontées capillaires. En somme les couverts végétaux deviennent un véritable outil au même titre que la charrue ou le déchaumeur.

De plus, les couverts végétaux qui n’auraient pas été éliminés par le gel ne nécessitent pas beaucoup de produits phytosanitaires, s’ils ont été bien choisis. L’expérience devrait permettre de faire un tri dans le choix des espèces à implanter.

Cette technique poursuit sa 2ème campagne d’expérimentation et verra ses sites se multiplier pour acquérir de nouvelles références sur ce qu’il convient de faire ou d’éviter. D’ici quelques temps, les résultats serviront à établir des références pour tous les producteurs de pommes de terre. Déjà la technique intéresse et sera présentée à l’occasion de la manifestation professionnelle pomme de terre, le 28 juin prochain.


Créé en 1986, ce GEDA réunis 180 agriculteurs.  Ce collectif permet aux agriculteurs de bénéficier de conseils en productions végétales, animales et en développement local. Par des messages techniques, des formations et des réunions d’informations, ils ajustent leurs pratiques, innovent, développent leur compétences et leurs exploitations, et par l’échange, élargissent leurs réseaux.


Contact : GEDA de l’Artois  03 21 73 10 18