Vous êtes ici : Accueil > Actualités > Toutes les actualités

L'actualité en détail

Les flux rss du siteImprimer la page

Porcs: les dépenses curatives diminuent en Hauts-de-France

Entre 2005 et 2015, les dépenses de santé ont chuté de 49% dans les élevages porcins de la région. Découvrez les résultats de l’étude réalisée en 2016.

Déjà réalisée en 2005 dans 36 élevages des Hauts-de-France, l’étude portant sur les dépenses de santé a été renouvelée en 2016 dans 37 élevages naisseurs-engraisseurs de la région. Les résultats sont particulièrement encourageants ! Ils traduisent les efforts réalisés par les acteurs de la filière porcine, et principalement par les éleveurs au cours de ces dix dernières années en vue de diminuer les traitements curatifs et plus particulièrement d’antibiotiques. L’engagement des éleveurs s’est traduit par des évolutions de conduite d’élevage, de plan de vaccination, par le suivi de règles de biosécurité et d’hygiène…

La chute des dépenses curatives que l’on observe au cours de ces 10 dernières années s’explique dans notre échantillon par une forte diminution des dépenses de supplémentations médicamenteuses. Elles ont reculé de 55% et s’élèvent aujourd’hui à 0,60€ par 100 kg de carcasse produits.


L’aliment médicamenteux, ce n’est plus automatique
Les résultats montrent un très net recul du recours à l’usage d’antibiotiques dans l’aliment 1er âge. Fin 2015, 70% des élevages enquêtés utilisent des aliments « blancs », c’est-à-dire sans antibiotiques. Alors qu’en 2005, 80% des éleveurs distribuaient systématiquement un aliment médicamenteux. De nombreux éleveurs ont choisi de s’équiper de pompes doseuses permettant l’incorporation de traitement dans l’eau de boisson des animaux, elles sont aujourd’hui présentent dans 68% des élevages enquêtés.


Ce choix de traiter par l’eau de boisson a été fait pour sa rapidité de mise en place (action dès les premiers symptômes, pas de délai de commande d’aliment), parce qu’il offre une meilleure efficacité du traitement (les animaux malades boivent plus facilement qu’ils ne mangent), possibilité de traiter par lot et non la totalité des animaux, possibilité d’adapter très facilement la durée de traitement. Les éleveurs soulignent également la simplicité et la souplesse d’utilisation de l’équipement, la baisse des usages d’antibiotiques et des dépenses de santé (HEMONIC, 2016).
L’utilisation d’injectables curatifs est en diminution également, les dépenses pour ce poste sont passées de 1,17 à 0,68€/100 kg de carcasse. Le traitement injectable a l’avantage de permettre de cibler l’animal malade.


Les vaccins, premier poste de dépenses
En l’espace de 10 ans le profil des dépenses de santé a bien évolué. Dans l’étude, le poste « préventif » regroupe les dépenses de vaccin et de produit de conduite d’élevage (antiparasitaire, oligo-élément, hormone de reproduction, etc.). Le poste « curatif » concentre quant à lui les dépenses d’antibiotique, anti-inflammatoire, antidouleur injectable et de supplémentation.
La proportion de dépenses curatives est en net repli face au préventif. En 2015, les vaccins concentrent 49% des dépenses de santé.


Les porcelets, premier stade physiologique sur le plan des dépenses de santé
Pour affiner les résultats, nous avons avec l’aide des éleveurs affecté les différentes dépenses par stade physiologique : truie, porcelet, porc charcutier. Nous constatons que pour les trois stades, les dépenses de santé sont en baisse. La diminution la plus marquée (-30%) concerne le poste « truies », et celle la moins marquée celui des « porcelets ». Cela s’explique par une augmentation de 57% en 10 ans des dépenses préventives à destination des porcelets.

Les dépenses de santé de notre échantillon s’élèvent à 4,44€ par 100kg de carcasse en 2015, soit 87,40 € par truie présente en moyenne, ce qui correspond à une baisse de 23% par rapport à 2005. Malgré tout, il subsiste des écarts importants entre élevages, des marges de progrès sont donc encore possibles.


Les efforts réalisés parles producteurs de notre région sont à souligner, il semble que les objectifs affichés par le plan Ecoantibio 2017, plan visant notamment à réduire de 25% en 5 ans l’utilisation d’antibiotiques en médecine vétérinaire, seront atteints.
                                                 

Marie BURET
Conseillère Porcs