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Comment implanter son couvert végétal ?

La moisson a débuté et vous avez certainement déjà reçu vos semences de couverts végétaux pour vos CIPAN et SIE. Il vous reste donc à les implanter...

Le type d’espèces que vous avez choisi conditionne une partie de la clé pour réussir votre implantation. Si votre stratégie est d’avoir un couvert très développé, vous devrez veiller à l’implanter le plus rapidement possible, parfois même avant la récolte ! A l’inverse si votre stratégie est d’avoir un couvert peu développé, son implantation pourra être réalisée jusqu’à début septembre avec des outils et des espèces plus « classiques ». Il n’existe pas d’outil miracle, le tout est d’être en adéquation avec son objectif.

 

Le semis à la volée avant récolte (ou pendant la récolte) : vite réalisé  

Le semis à la volée avant la récolte ou pendant la récolte (sous la coupe) a pour objectif de semer le couvert le plus tôt possible et de viser une biomasse très importante. Ici, les espèces implantées sont sélectionnées pour leur petite taille de graine. La semence est posée sur le sol, la menue paille et la paille broyée viendront la recouvrir pour maintenir de la fraîcheur et permettre la germination. Cette technique est peu développée dans la région. Elle nécessite généralement de broyer les pailles et de ne pas déchaumer. Ce type de semis peut être complété par le passage d’une herse étrille ou d’une herse à  paille.  Le couvert obtenu est souvent très précoce, on peut donc y insérer des espèces exigeantes en chaleur comme le Niger.L’autre avantage de cette technique est le gain de temps : une fois la moisson terminée, il ne reste plus qu’à attendre que cela pousse ! L’inconvénient est la levée très moyenne par temps sec après la moisson (comme en 2016).

Au niveau du coût, une installation sur coupe de moissonneuse batteuse avoisine les 6 000 € HT (contre 3000 € pour un semoir anti-limace). Certains agriculteurs utilisent leur distributeur à engrais, mais sur des graines de petite taille, la répartition n’est pas optimale. 

 

 

Le semis direct : une graine dans la fraîcheur   

Le semis direct permet d’intervenir rapidement après la récolte, voire tout juste après un déchaumage. L’avantage ici est de placer les graines dans un sol non travaillé, et donc plus frais, ce qui favorisera une germination rapide du couvert.  Autre bénéfice, sur sol non travaillé, la levée d’adventices est faible. Au niveau des types de semoir direct, utilisez plutôt un outil à dents avec un grand dégagement plutôt qu’un semoir à disques. En effet, sur paille broyée le disque a tendance à enfouir la paille dans le rang de semis et réduit ainsi le taux de levée par temps sec. Avec un semoir à dents, il faut mieux privilégier des outils de grande largeur pour réduire la vitesse d’avancement et  diminuer la projection de terre. Les semoirs directs sont généralement équipés de 2 à 4 cuves avec des distributions différentes, intéressant pour les mélanges.

Comptez 20 000€ HT pour un semoir direct à dent en 3 m et environ 35 000€ HT pour un 6 m. Un investissement justifié avec des mélanges complexes onéreux pour lesquels on souhaite sécuriser la levée.

 

Le semis sur déchaumeurs/décompacteurs : le plus répandu et polyvalent 

Le semoir sur déchaumeur est le moyen le plus courant pour implanter un couvert. L’objectif est d’implanter le couvert entre les dents/disques et le rouleau de plombage. Cela nécessite d’équiper le déchaumeur d’un semoir spécifique (entre 3 000 € et 7 000€HT) avec des éclateurs qui viendront déposer les graines avant le rouleau. Le semis au déchaumeur est très développé. Ce n’est oas un matériel spécifique et cela permet en un seul passage de déchaumer et de semer le couvert à des vitesses assez élevées. Le même type d’installation peut être fait sur un décompacteur, entre les dents et le rouleau de plombage. La limite de ces outils est l’irrégularité de profondeur au semis, car selon les réglages du déchaumeur/décompacteur et des espèces à implanter, il est délicat d’avoir des levées homogènes. On restera donc avec des couverts simples et faciles à lever pour ce genre d’outil.Pour augmenter l’autonomie et limiter le poids sur l’outil arrière, il est possible d’utiliser des trémies avant avec un système pneumatique ou une rampe.

L’investissement est de 15 000 €HT, mais la trémie peut être utilisée pour la fertilisation localisée ou le semis de céréales.

 

 

Le semis à la volée avec un rouleau ou une herse : un plus en débit de chantier 

Facile à mettre en place, cette technique est également très polyvalente. Un déchaumage doit être réalisé obligatoirement. La semence est déposée au sol juste devant le rouleau (ou la herse), ce dernier rappui  les graines pour créer un bon contact terre-graine. L’avantage principal est le débit de chantier (4-5 ha /he en 6m). Le plombage très important permet d’avoir une levée assez homogène même par temps sec. Au niveau du coût, si l’on opte pour un rouleau tout équipé avec une rangée de CrossBoard, le coût total avoisine les 25 000 € (avec le semoir). Pour une herse, il faut compter 15 000 € en 8 m. Cependant avec un semoir à la volée (type distributeur antilimace) à l’avant du tracteur et d’un rouleau à l’arrière(ou une herse), le travail est similaire et beaucoup moins onéreux.

 

Le semis au combiné de semis : un classique qui fonctionne.

Le semis de couvert au combiné est répandu, il s’adresse essentiellement aux personnes voulant maximiser les chances de réussite de la levée du couvert tout en n’investissant pas spécifiquement dans un semoir pour couvert. Cette technique donne de bons résultats en termes de levée, mais le coût de passage et le temps sont plus important. On est généralement sur un débit de chantier de 1 à 2 ha/h. 


Christophe GUILLE, Conseiller en Productions végétales